Une rencontre avec Gabriele Albertini

Martedì 14 Dicembre 2010 12:10 Silvia Guidali Interviews - Interviste
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À cause de ses toutes récentes rencontres avec Silvio Berlusconi, le président du Conseil et avec Francesco Rutelli, le leader du « terzo polo », la troisième coalition, l’ancien maire de Milan et membre du Parlement Européen, Gabriele Albertini, se trouve au centre de l’actualité politique nationale et locale. Courtisé par la gauche et la droite, par le Parti Démocratique (PD) et par le Peuple de la Liberté (PdL), sans oublier le nouveau-né, le parti Avenir et Liberté pour l’Italie (Futuro e Libertà per l’Italia, FLI), tous se donnent de la peine pour le faire passer dans leur camp en vue des prochaines élections communales à Milan, qui auront lieu ce printemps. Pourtant M. Albertini ne s’ouvre à personne, il ne cède aux louanges et il prend son temps. Dans une longue interview à tous azimuts à FusiOrari, l’ancien maire de Milan explique le passé et attend son avenir.

 

Gabriele Albertini, né à Milan en 1950, a été maire du chef-lieu de la Lombardie de 1997 à 2006. Élu avec Forza Italia (Allez l’Italie) il a été à la tête de la coalition de centre-droite pendant deux mandats. Depuis 2004 il est député du Parlement Européen où, inscrit au groupe du Parti Populaire Européen, il a été-et il l’est encore - membre de plusieurs commissions et délégations. Au mois de juin 2009, il a été à nouveau élu député européen avec la liste du Peuple de la Liberté (PDL) et ensuite nommé président de la Commission des affaires étrangères de l’Union Européenne. Au cours des mois derniers, certaines rumeurs l’avaient indiqué comme le futur candidat de la naissante troisième coalition pour les prochaines élections communales milanaises, c’est-à-dire comme le rival principal du sortant maire, Mme. Letizia Moratti. Est-ce qu’il ira abandonner les rangs du Peuple de la Liberté ? M. Albertini a donné sa lecture personnelle à cette question et à d’autres interrogatifs devant les caméras de FusiOrari. Par la suite vous trouverez les questions principales qu’il a abordées.

LA TROISIÈME COALITION – “Dans les derniers jours j’ai rencontré M. Rutelli qui m’a montré un sondage selon lequel la nouvelle troisième coalition pourrait virtuellement capturer plus de 21% de voix. Il s’agit d’un scénario insolite, une chiffre plus élevée par rapport à la somme des pourcentages d’appréciation de chacun des trois partis, Union du Centre (UDC), Avenir et Liberté pour l’Italie (FLI) et Alliance pour l’Italie (API). Il semblerait que ce « néo-centrisme » recueille un consensus hétérogène, qui vient même de camps culturels et politiques différents. Il y a évidemment la demande et la nécessité d’une ligne politique plus ouverte et plus unifiante, moins intransigeante et qui soit capable non seulement d’affirmer certaines valeurs mais de les suivre aussi. En plus, je suis convaincu que ce sondage comprend aussi les préférences et le désir de beaucoup d’abstentionnistes, résignés et dégoutés par cette classe politique et qui jusqu’à ce jour n’ont pas encore donné expression à leur idées à cause de la non-fiabilité de cette dernière. À l’époque, je croyais au système majoritaire et au bipolarisme et je me donnais du mal pour y parvenir. Pourtant maintenant je dois admettre que qu’ils n’ont pas fonctionnés en tant qu’expressions de gouvernement. Tout cela est confirmé par la majorité actuelle qui, certes, a été en mesure de prendre le pouvoir mais pas de l’exercer ».

LA LOI ELECTORALE – “La loi électorale italienne est vraiment bizarre. Le ministre Calderoli même, celui qui l’a conçue, l’a définie une « cochonnerie ». En effet, nous sommes le seul Pays de l’Occident qui présente au même temps les trois limitations à la démocratie. En premier lieu, le seuil électoral à 4% et 8%. Si l’on considère que le pourcentage des électeurs qui ont voté pour ces parties qui n’ont pas dépassé le seuil s’élève à peu près à 15%, c’est-à-dire l’indice d’appréciation de la Ligue du Nord, nous devons constater que la libre expression démocratique a été mise de coté. En deuxième lieu, le vote de liste à la majorité. Le processus politique entier se trouve dans les mains non pas de milliers de citoyens mais d’une poignée de personnes qui, à leur tour, n’ont pas été élues mais nommées comme de petits soldats par Silvio Berlusconi. Il est évident que de cette façon on va perdre le rapport avec les électeurs, en marginalisant la volonté du citoyen qui désire choisir ses représentants. En dernier lieu, le prime de majorité. Il est très clair que la majorité absolue des voix permet de gouverner sans avoir d’anxiétés particulières. Toutefois, il ne me semble pas correct que 55% de sièges soit attribué à une coalition qui, par exemple,  n’a obtenu que 30% de voix. En d’autres termes, le peuple italien a peu de pouvoir, au contraire de son élite. Notre démocratie est une démocratie peu démocratique. »

GOUVERNEMENT TECHNIQUE – “Aucun gouvernement n’est technique. Tout gouvernement est politique, il avoir une majorité qui le soutient. Généralement on pense que certains représentants non-alignés peuvent catalyser un consensus plus vaste en étant neutres. C’est faux, ils sont des politiciens eux aussi. Et on dit que maintenant il n’y a pas une majorité pour constituer un gouvernement de transition à part la majorité existante. Au contraire je dirais qu’il faut demontrer cela. Face à la necessité d’aborder certains thèmes  capitales de caractère nationale et économique, comme par exemple, la compétitivité et l’efficacité de notre système de travail, un gouvernement doit gouverner. Légitimé par l’investiture du suffrage, avec cohésion et cohérence, l’exécutif doit résoudre ces problèmes à fin d’éviter que notre Pays ne tombe au niveau d’un Pays du Tiers Monde. »

LA CRISE ECONOMIQUE – “Le scénario globale est dramatique, il s’agit de la crise la plus grave depuis 1929. Tout le monde a ressenti cette crise, même des Pays comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine qui sont économiquement en hausse. Pour ce qui est de l’Italie, toutefois, outre les contingences globales il y a des causes plus radicales qui l’ont amenée à cette/une situation si difficile. Je suis en train de parler de deux fractures qui nous sont particulières et que je définis « fracture verticale » et « fracture horizontale ». La première, qui est physiologique et qui s’est tout récemment atténué, est de nature idéologique et politique. Pendant plusieurs années nous sommes été le Pays occidental avec le parti communiste le plus forte. Aujourd’hui encore, quand on discute de la gestion du pouvoir, il est très difficile d’apaiser les vieilles et contrastantes représentations de la Guerre Froide. D’autre part, la gauche même doit encore choisir si se conformer ou moins à un réformisme européen moderne et cohérent avec la réalité de l’histoire, en mettant de coté en définitive, les dérives vers un mouvement activiste. La seconde fracture, la fracture horizontale, est bien plus marquée et transversale. Elle vient de loin et elle va encore plus loin. Il s’agit de l’embarrassante division entre les territoires productifs et les territoires assistés, entre le Nord et le Sud du Pays. De manière plus explicite, il faut souligner que la plupart de l’argent qui sert pour financer les régions du sud, vient de  l’Émilie-Romagne, du Piémont et de la Lombardie, tandis que les régions du sud finissent par gaspiller les énergies et les ressources. Apparemment ce problème semble de la propagande en faveur de la Ligue du Nord, tandis qu’il s’agit d’un problème national. La rupture de cet équilibre est si grave que notre Pays se retrouve économiquement pénalisé. Des impôts très élevés et une évasion fiscale considérable,surtout dans le Sud, sont les conséquences directes de ce phénomène. Dans ce cadre, M. Tremonti (le ministre de l’Économie et des Finances) est l’homme qui a travaillé le plus. En effet, avec les ordonnances d’exécution du fédéralisme, il y a la possibilité, en perspective, de redonner un équilibre au rapport entre producteurs et parasites. Les réductions du gouvernement, pourtant, doivent être de qualité, elles doivent arracher des ressources au monde de l’illégalité pour les investir dans la légalité. Naturellement, il faut vaincre les résistances du Sud, où il y a ceux qui sont très content de se gagner à vivre sans travailler ou sans payer les impôts. Il s’agit d’un projet qui, il faut être honnête, cause beaucoup de difficultés”.

M. FINI – “Il est au même temps un homme libre et un homme prisonnier. Il est libre parce que, après son historique : « Qu’est-ce que tu est en train de faire, tu me chasses ? », il s’est affranchi de la soumission à M. Berlusconi. En raison de cela, quelqu’un l’a défini un homme arrogant, tandis que d’autres le considèrent une personnalité politique charismatique. Il est vrai qu’il doit beaucoup à Berlusconi mais Berlusconi même lui doit beaucoup. Et le consensus qu’il suscite partout en Italie n’est dû ni à sa haute charge ni à l’effet médiatique de son rôle institutionnel, lequel ne porte pas à développer une notoriété ou une popularité particulières. Mais il est aussi un homme prisonnier de ce même fédéralisme qu’il a d’abord soutenu et ensuite renié. C’est son point faible. Dès le début, le Parti de la Liberté avait dans l’ensemble investi contre la fracture horizontale et maintenant Fini, adoptant une position différente, se trouve dans l’embarras. M. Casini et son parti, l’Union du Centre, au contraire, ont été plus cohérents: il ont toujours voté contre le fédéralisme ».

PROCHAIN MAIRE? – “Ma candidature pour Milan dépend du choix d’autres gens, de situations en dehors de ma volonté. J’ai reçu des propositions captieuses par des représentants locaux du Parti Démocratique, qui m’ont invité pour inaugurer une liste civique qui pouvait potentiellement arriver à 10-15% de voix. En réalité, elle devait servir uniquement pour porter au second tour du scrutin le vrai candidat de la gauche. J’aurait du faire le « picconatore » (celui qui donne des coups de pic tous azimuts N.d.T.)  et soutenir leur ligne politique. Je ne serais jamais arrivé au second tour. La solution centriste semble au contraire plus sérieuse et plus maîtrisable. Il y a une candidature hypothétique, c’est vrai, mais cela ne suffit pas. Avant de faire un choix si explosif, je dois voir l’évolution de la situation au niveau national, avant tout les manœuvres de Avenir et Liberté pour l’Italie et s’il y aurait un soutien de l’extérieur. Ensuite je vais prendre une décision selon ma conscience.”

Mme. LETIZIA MORATTI – “Elle est en train de récupérer, par une activité de communication intensive, une partie du consensus qu’elle a perdu pendant son mandat. En effet, son indice d’appréciation demeurait autour 30%. Maintenant, grâce à un considérable investissement médiatique, il est remonté jusqu’à 40%. Finalement, elle se montre intéressée à la vie quotidienne de la ville et elle a abandonné l’image de femme d’État qu’elle avait affichée dès le début. Je me considérait une sorte de syndic de la ville, elle évidemment est d’autre avis. Dans sa vision, les affaires concernant la ville devaient être résolu par ses collaborateurs, tandis qu’elle été occupée à serrer les mains des Chefs d’État. Maintenant, en vue des élections, elle a compris le vrai travail d’un maire et elle est en train de récupérer le temps perdu. D’autre part, si l’Union du Centre devait s’en aller de sa liste et si une partie du Parti de la Liberté allait se déverser dans Avenir et Liberté pour l’Italie, sa composante personnelle pourrait avoir un rôle-clé dans la compétition. Encore plus si on arriverait au second tour, lorsque, comme prouvé historiquement, nos électeurs tendent à s’absenter. »

LA LIGUE DU NORD – “Pour ce qui est des élections administratives milanaises, si on y aura pas une rupture à niveau national, la Ligue du Nord restera avec cohérence fidèle au Parti de la Liberté. Elle donnera son avis sur la composition du conseil communal et finalement elle ira se contenter d’un numéro considérable  de conseillers municipaux. Si au contraire il y aura une rupture, elle pourrait faire un choix d’autonomie en présentant son propre candidat. Il pourrait être M. Maroni ou M. Castelli, sûrement pas M. Bossi à cause de ses bien connus problèmes de santé. Pour ce qui est de ma position, après avoir réglé certaines questions historiques, mes rapports avec « Le Carroccio » sont bons. Je partage la ligne fédéraliste, ainsi comme la nécessité d’être sur le territoire, de recueillir les sensibilités de la périphérie. Même l’immigration islamique ne peut pas être ignorée. À ce sujet, je crois qu’il faudrait être moins politiquement correct et plus proche du citoyen. »

IMMIGRATION – “Les problèmes de l’intégration et de l’accueil de ceux qui différent de nous doivent être abordés mais, au même temps, les sensibilités populaires ne doivent pas être ignorées. Il y a des attitudes qui sont si loin de notre vision du monde, de notre identité et de nos valeurs, qui ne peuvent pas être acceptées. Qu’ils deviennent comme nous, puisque ils ne peuvent pas nous demander de devenir comme eux. C’est vrai, notre Constitution garantit la construction des mosquées et la libre pratique de leur foi mais il est vrai aussi que, comme on m’a appris, il faut faire une distinction entre le principe rigide et un comportement souple, c’est-à-dire qu’il faut adapter le principe aux circonstances. De manière concrète, il est très difficile maintenant de construire un lieu de culte islamique à Milan, vu ce qui se passe autour de nous, avec les tensions surgissantes et avec le choc des civilisations qui est en cours”.

MINORITÉS SEXUELLES – “Personnellement, lorsque j’étais maire de Milan, j’ai nié mon patronage à la Gay Pride parce que je reconnaissait la légitimité de ces manifestations dans lesquelles chacun peut se reconnaître,  où il y a des messages et des valeurs auxquels toute la communauté doit tendre. Ce n’est pas le cas de l’homosexualité, il n’y a aucune valeur de fond, il ne s’agit pas d’une pratique de tous. Certes, il ne s’agit pas d’un phénomène qu’il faut nier ou réprimer mais il ne faut même exiger qu’elle soit soutenue  par les institutions. On fait beaucoup de propagande pour quelque chose qui doit être pleinement acceptée et tolérée mais qui ne peut pas être mise sur le même plan d’une famille.  Si je dis cela, ce n’est pas parce que je suis homophobique mais parce que, comme l’histoire de l’homme nous enseigne et comme il est écrit dans la Constitution, la famille traditionnelle est la cellule principale de la société et pour cela doit être mise en valeur. C’est un projet d’éternité de l’espèce humaine, c’est la procréation et le mariage. La liberté homosexuelle? Certes, mais les mesures de protection traditionnelles accordées à la famille ne peuvent s’étendre à d’autres formes d’union.”

Ultimo aggiornamento Mercoledì 15 Dicembre 2010 13:17

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